Lueur joyeuse

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La fenêtre orientale de mon atelier de Conleau (juin 2019)

Conleau, 14 juin 2019

Hier, le temps était à la pluie, à la mélancolie, aujourd’hui la lumière s’invite à nouveau pour jouer avec la trame translucide du voilage de la fenêtre de mon atelier. Ô combien météo intérieure et extérieure communiquent !
Et Ô combien la photographie n’a pas son pareil pour transcrire la beauté du pas de deux cadencé de l’ombre et de la lumière.
La toute première photographie fixée durablement sur un support serait un paysage que Nicéphore Niépce captura en 1826 depuis la fenêtre du premier étage de l’atelier de son domicile baptisé « Le Gras ». On sait également qu’il photographia depuis cet atelier à partir de 1816 des dizaines de fois ce paysage.

Depuis, cette révolutionnaire invention a considérablement évolué. Mais qu’il s’agisse d’une plaque d’étain recouverte de bitume de Judée rincée dans un bain d’essence de lavande (comme c’est le cas dans cette photographie prise par Nicéphore Niépce), ou d’un capteur électronique comme c’est le cas aujourd’hui dans la photographie numérique, l’agent produisant l’image photographique est toujours le même : la lumière. Lumière à l’origine de tout : lumière des Evangiles, lumière, rayonnement ondulatoire responsable de la photosynthèse sans laquelle aucune vie sur terre n’aurait vu le jour, lumière éclairant et animant tout ce qu’elle touche : esprit et matière.

La fenêtre, ouverture laissant passer la lumière, me semble être ontologiquement (passez-moi l’expression) liée à la photographie depuis son origine. Comme on dit aujourd’hui, c’est dans ses gènes ! Car la fenêtre n’est-elle pas analogiquement de la même famille que la pupille de l’oeil, le diaphragme de l’objectif et de l’obturateur de l’appareil photo ? Toutes ces petites ‘fenêtres’, permettent de laisser passer la lumière, plus ou moins, selon leurs degrés d’ouverture et de fermeture. Ainsi ne va-t-il pas de soi que le thème de la fenêtre/lumière soit si souvent traité dans la photographie ? De  Nicéphore Niépce à Patrick Legwen-Phal 😉 en passant par le japonais Keiichi Tahara (série Fenêtres, commencée en 1973).

 

Paysage vu depuis une fenêtre du Gras à Saint-Loup-de-Varenne, 1826-27. Plaque sur étain 16,5 x 20 cm.

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